Deuxième lettre
Tromm Dawi Samoth,
Le réveil, dans l'ombre des récents événements, était lourd de chagrins et de responsabilités. Chaque coin de Karak Kadrin semblait résonner des échos du passé douloureux et de l'avenir incertain. Garagrim manquait, et son absence pesait comme un fardeau sur chaque pierre de notre forteresse. Cependant, il était impératif de regarder vers l'avant.
Mon premier pas fut de me rendre dans la salle des opérations, c’était une ruche d'activité lorsque j'y suis entré, et au centre de cette tempête se tenait Octave, imperturbable, les cartes déployées devant lui. Les nouvelles n'étaient pas encourageantes, mais elles étaient nécessaires. Krauser, ayant rejoint Victoria à Naggaroth, était une lueur d'espoir dans cette obscurité grandissante. Leur collaboration, nous l'espérions, renforcerait nos défenses à Naggaroth, un point stratégique qui était désormais le nœud vital de notre lutte. La coordination entre les forces à Naggaroth et celles d'Ultuan était cruciale. La flotte de Gerard, débarquant sur ces rivages, marquerait le début de notre contre-attaque sur ce continent.
Cependant, des nouvelles alarmantes parvinrent jusqu'à moi. Eric m’informa que les Ombres du Cercle d'Or, vassal d’Ambre, s'étaient mutinées. Les raisons de cette trahison demeurent obscures, mais l'impact est clair. Nos renforts, essentiels et attendus avec une impatience croissante, seront retardés et usés par des combats incessants. Nous ne pouvions nous permettre de nous attarder sur cette trahison. La priorité était de renforcer nos défenses, de rassembler nos forces, et de préparer notre riposte. Gorok Ankor, bien que meurtrie, était toujours debout, et dans chaque forgeron martelant l'acier, dans chaque guerrier préparant son arme, résidait la détermination inébranlable de ne pas céder devant l'ombre draconique qui planait sur nous. La guerre n'était pas terminée, et Gorok Ankor se préparait à riposter avec une force renouvelée.
Par la suite je me suis rendu au prêt des maîtres des runes afin activer le portail de téléportation au sein du réseau d'Ungdrin Ankor. La magie des runes devait les guider à travers les tunnels, offrant un refuge au cœur de Gorok Ankor, où l'unité deviendrait notre bouclier face aux ténèbres grandissantes. Les maîtres des runes avais terminer leurs œuvre, il me restait plus qu’a y insuffler dans chaque symbole gravé dans la pierre, la magie nécessaire a sont fonctionnement. La lueur magique s'intensifia, créant une ouverture entre les mondes.
Ils commencèrent à émerger du portail, leur apparition guidée par la magie des runes. Les Elfes Sylvains, représentés par les sœurs de Crépuscules, Arahan et Naestra, se matérialisèrent avec une grâce féline. Leurs formes élancées semblaient presque fondre dans l'obscurité des tunnels, les faisant apparaître comme des spectres de la forêt. À leurs côtés, les Hommes-Lézards, conduits par les seigneurs Oxyotl et Gor-Rok, émergèrent avec une présence imposante. Leurs écailles luisaient faiblement à la lumière des runes, révélant la force ancienne qui les animait.
La dispersion des forces elfes et lézardes sur les défenses de Karak Kadrin fut un spectacle impressionnant. Les Elfes Sylvains, avec leur agilité naturelle, s'infiltrèrent dans les recoins sombres des remparts, se fondant dans l'ombre tel des fantômes. Leurs arcs décochaient des flèches silencieuses, trouant l'obscurité pour atteindre les dragons en vol.
Les Hommes-Lézards, avec leur robustesse et leur résilience, se positionnèrent stratégiquement sur les points clés de la défense. Oxyotl, le maître des embuscades, choisit les positions idéales pour piéger les dragons, tandis que Gor-Rok, la force brute incarnée, se tint prêt à encaisser les assauts les plus violents. C'est à ce moment précis que les sorts de défense qui avaient précédemment protégé Karak Kadrin prirent fin, exposant la forteresse à la menace imminente des dragons. Les forces nouvellement arrivées, combinant agilité elfique et robustesse lézarde, étaient prêtes à faire face à la tempête draconique qui s'annonçait.
Cependant, alors que cette coalition se préparait à affronter la tempête draconique imminente, le rugissement sinistre des dragons retentit dans le ciel, annonçant l'attaque imminente, l'alerte retentit dans toute la forteresse.
Les cieux furent obscurcis par les formes massives des dragons, leurs écailles étincelant d'une lueur maléfique. Les grondements sourds de leurs rugissements résonnaient dans les montagnes environnantes, créant une atmosphère de terreur et de chaos imminents.
Les dragons descendirent en piqué, crachant des flammes dévastatrices sur les remparts de Karak Kadrin. Les Hommes-Lézards, protégés par leur peau écailleuse, résistèrent aux flammes avec une détermination impressionnante. Les Elfes Sylvains, agissant avec rapidité et précision, décochèrent des flèches magiques qui trouvèrent leurs cibles. Les nains ripostèrent avec une précision meurtrière, des balistes et canon tirant des projectiles enchantés, les maîtres des runes lançant des sorts de protection sur les défenseurs.
Le combat faisait rage dans les cieux et sur les remparts de la forteresse. Les forces combinées des Nains, des Elfes Sylvains et des Hommes-Lézards luttaient avec acharnement, exploitant les faiblesses des dragons tout en repoussant leurs attaques. Chaque flèche tirée, chaque coup porté, était un acte de résistance face à la menace draconique qui tentait de submerger Karak Kadrin.
Je me trouvais au cœur de l'action. Malgré la douleur persistante de la perte de mon fils et le fardeau de la responsabilité qui pesait sur mes épaules, j'avais rejoint les lignes de défense sur les remparts de la forteresse.
Arborant les "Haches de Kadrin", imprégnées de magie runique, je me tenais sur les rempart aux coté de mes homme et de nos alliés, prêt à affronter les dragons qui s'abattaient sur Karak Kadrin. Mon regard reflétait la détermination et la résolution, transformant ma douleur personnelle en une force motrice pour la défense de Gorok Ankor.
Je coordonnais les défenses, donnant des ordres et inspirant les troupes à tenir bon face à l'assaut. Mon cri retentissant, appelant à la résistance et à la vengeance, se mêlait au fracas des armes et aux rugissements des dragons.
Un dragon, secoué par un déséquilibre soudain en plein vol, s'écrasa avec un fracas assourdissant dans la cour de la forteresse. Sans perdre un instant, les Tueurs, experts dans l'art de traquer ces bêtes colossales, se précipitèrent sur la créature tombée. Arborant les armes de mon fils, je me joignis à eux dans cette attaque impromptue. Ensemble, nous nous lançâmes contre le dragon abattu, exploitant sa vulnérabilité momentanée. Les lames des tueurs tournoyaient avec une férocité délibérée, frappant les parties vitales de la créature avec une précision mortelle.
Le dragon, affaibli et désorienté, tenta en vain de riposter, Les "Haches de Kadrin" tournoyaient dans mes mains, frappant avec une précision dévastatrice. Chaque coup porté était dédié à la mémoire de mon fils et à la survie de Karak Kadrin. Soudain, une silhouette apparut sur la tête du dragon et lui planta son épée dans le crâne. C’était un guerrier svelte, revêtu d'une armure d'or resplendissante. Ses cheveux blonds flottaient légèrement derrière lui, ajoutant une touche de magnificence à sa présence brandisant une imposante épée à deux mains, dont la lame étincelait d'une lueur dorée. Chaque mouvement de cet intrépide guerrier était empreint de grâce et de détermination, contrastant avec la férocité brutale des Tueurs qui l'entouraient. L'or de son armure réfléchissait la lueur des flammes naissantes dans la cour de la forteresse, créant une image presque divine dans ce champ de bataille tumultueux. Son visage, dénué de casque, affichait une expression résolue, les yeux fixés sur la tâche à accomplir. Rémiel se présenta comme un allié dans cette lutte contre la menace extérieure qui pesait sur Karak Kadrin. Son aura ne dégageait ni d’Être Réel, ni une essence démoniaque. Il semblait être un simple ombriens, cependant son attitude son assurance et sa prestance donnaient l'impression d'une force transcendante.
Sous les coups implacables, le dragon rugit d'un dernier râle d'agonie. L'écho de sa souffrance résonna dans la cour de la forteresse, mêlé au tumulte de la bataille qui faisait rage autour de nous. Le dragon, autrefois imposant et terrifiant, gisait maintenant inerte, sa menace éteinte. La cour devint subitement silencieuse, un calme lourd de significations après la furie du combat.
Puis, brisant ce silence, le cri des Tueurs retentit. Hommes-lézards et Nains se précipitèrent vers la créature abattue et commencèrent à démanteler la bête colossale. Les provisions en temps de siège étant limitées, nous ne pouvions laisser cette carcasse pourrir. La nécessité dictait que chaque partie de la créature serve à renforcer nos défenses et à nourrir nos troupes dans les jours à venir. Les lames des Tueurs, expertes dans l'art de cette tâche macabre, œuvraient avec une efficacité presque rituelle, transformant le dragon autrefois menaçant en une ressource vitale pour la survie de Karak Kadrin.
À la vue de ce massacre, les dragons à l'extérieur, témoins impuissants, hurlèrent de rage face à cette humiliation infligée à l'un des leurs. Leurs rugissements déchirèrent la nuit, une symphonie sauvage de fureur et de désespoir. Les dragons, témoins de la profanation de leur congénère, poussèrent des cris empreints de colère pure. Ces rugissements résonnaient comme des vagues de tonnerre, secouant l'air et transmettant la rage des créatures ailées. Dans un élan furieux, les dragons, auparavant en vol stationnaire, se retirèrent brusquement.
Soudain, dans le ciel nocturne chargé de tension, émergea la silhouette massive d'un dragon encore plus imposant. Ses écailles d'un rouge pourpre absorbaient la lumière environnante, créant une aura ténébreuse autour de la créature. Les membranes de ses ailes s'étendaient tel un voile obscur, et ses yeux luisaient d'une lueur malveillante. Ce nouveau venu, d'une envergure encore plus impressionnante, évoquait une présence ancestrale et redoutable. Son rugissement profond résonna dans les cieux, une menace amplifiée par la puissance dégagée par cette bête draconique d'une taille exceptionnelle. Après son rugissement retentissant, il lança une pluie de feu dans le ciel nocturne. Les flammes dansantes illuminèrent brièvement la scène, créant des ombres dansantes sur les parois de Karak Kadrin. Le dragon semblait ensuite attendre quelque chose, sa silhouette massive se découpant contre la lueur des flammes.
Décidé à comprendre les intentions de cette nouvelle menace, je descendis des remparts de la forteresse. Guidé par une détermination forgée dans le creuset des récents combats, je m'avançai vers lui, arborant toujours les "Haches de Kadrin" maculées du sang du dragon précédent. Mon regard fixe et résolu rencontra les yeux perçants de la créature, un défi silencieux échangé entre deux forces prêtes à s'affronter.
Le dragon noir, dans un langage ancestral résonnant dans mon esprit, me proposa un pacte sinistre. Il suggéra d'abandonner Gorok Ankor, de laisser l’Ombre sombrer dans l'oubli, en échange de la vie sauve pour les survivants. Les mots résonnaient comme un murmure maléfique, portant avec eux la tentation de la facilité face à la menace imminente.
Pourtant, mes racines naines étaient ancrées dans la roche de Karak Kadrin. La proposition du dragon ne trouva aucune prise dans mon cœur forgé par des générations de résistance. Avec une voix résolue, j'affirmai notre refus de céder, notre détermination à défendre Gorok Ankor jusqu'au dernier souffle. Dumat me fi une offre plus, personnel, aussi tentante que dangereuse. Il suggéra la résurrection de mon fils, une promesse qui aurait pu ébranler le plus stoïque des cœurs Les pensées tourbillonnaient dans mon esprit, une tempête d'émotions et de dilemmes. L'idée de ressusciter mon fils était comme une lueur fragile dans les ténèbres de la perte. Cependant, même au milieu de cette tentation, une voix intérieure, rugueuse comme le roc de Karak Kadrin, murmurait des questions cruciales. Que penserait Garagrim s'il revenait à la vie ? Serait-il satisfait de ma décision ? Serait-il troublé par le moyen utilisé pour le ramener ? Aurait-il eu honte de son père ?
La nécromancie, même pour des motifs nobles, portait toujours un poids sombre. C'était un terrain glissant où les conséquences étaient souvent imprévisibles. Imaginer la réaction de Garagrim face à une telle résurrection suscitait un mélange complexe de sentiments. L'amour de père désirant retrouver son fils se heurtait à la fierté aux considérations de l’existence elle-même. Ma décision reposait sur la conviction que la vie, même la mort devait suivre son cours naturel. Ressusciter Garagrim par des moyens obscurs risquait de ternir le souvenir du fils que j'avais perdu. Le fardeau de la décision pesait lourd, mais la loyauté envers nos valeurs et envers Garagrim lui-même guidait mes pas dans cette nuit d'incertitude.
Cependant, la proposition du dragon offrait une opportunité inattendue, l’utilisé pour nous faire gagner ce qui nous manquais le plus, du temps. Simulant une réflexion approfondie, je pesais les avantages de son offre. L'évacuation des civils et des blessés était une priorité incontestable. C'était une occasion de sauver des vies, d'assurer la survie de notre peuple nain. L'idée de transformer ma propre détresse en une stratégie pour le bien commun prenait forme.
Feignant d'accepter l'accord du dragon, je retournai à la forteresse avec une mission cruciale en tête. Je me rendis à la salle des opérations où Octave, imperturbable comme toujours, examinait les cartes de la forteresse et des environs. Lui expliquant rapidement la situation et la proposition du dragon, nous commencions à élaborer un plan d'évacuation.
Les ordres furent donnés, les tambours de guerre résonnèrent à travers les tunnels de Gorok Ankor, signalant à notre peuple de se préparer à partir. L'évacuation était une danse complexe, une chorégraphie de milliers de nains, d'elfes sylvains, d'hommes-lézards et des refugiers de toutes les autres races, se déplaçant avec une urgence déterminée. Les blessés furent transportés avec précaution, les civils dirigés vers les tunnels de fuite. Chaque instant était précieux, chaque action exécutée avec une efficacité silencieuse.
J’ai demandé à Krauser de venir en renfort sur Karak Kadrin, Victoria étant en constante communication avec Solas et Octave, elle pouvait rester seule a Nagaroth. A son arrivé, je lui exposai brièvement la situation, l’arrivé du général ennemi, décrivant l'offre sinistre de Dumat. Son visage impassible prit une expression déterminée, ses yeux montrant la lueur de la bataille à venir. Sans un mot, Krauser se dirigea vers la sortie de la forteresse, suivi de près par les regards attentifs des troupes.
A son retour, son regard en disait long sur l'ampleur de la situation, son expression de frustration mêlée de détermination reflétait la complexité du défi qui se dressait devant nous. Ses pas résonnaient dans les couloirs de la forteresse, chaque enjambée marquant la gravité de l'instant. Lorsqu'il revint vers moi, il prit une profonde inspiration, laissant planer un instant de silence avant de révéler les résultats de sa rencontre avec Dumat. Le dragon noir avait refusé le duel, choisissant la voie du chaos et de la destruction plutôt qu'une résolution honorable en face à face. Cette décision était non seulement une offense directe envers Krauser, mais aussi un défi ouvert à l'ensemble du Pôle de l'Abîme et même à Amblerach elle-même, qui cherchait à responsabiliser les démons.
Face à cette trahison, Krauser proposa une réponse drastique mais potentiellement efficace : déchaîner les armées du Grand Cornu sur Gorok Ankor. C'était une proposition audacieuse, une tentative de combattre le feu par le feu, d'utiliser les démons pour contenir la menace posée par Dumat et ses forces. Mais cela signifiait egalement la probable ruine complète de Gorok Ankor, notre foyer ancestral. Je devais prendre quelque instant pour y reflechir.
J’ai donc contacté Flora, après mon rapport sur la situation. Elle me fit par de son soutient quelque soit le choix que je ferais. Elle-même ne sachant pas puisqu’elle ferait si tout se passait sur Ombre Terre. Si mon choix se portait sur l’affrontement elle me conseilla de demander à LLewella d’intervenir.
Pour prendre du recul, j'ai décidé de consacrer quelques instants à rassembler les derniers évènements ainsi que mes pensées. J'ai couché sur papier mes doutes et mes craintes dans cette lettre, espérant ainsi y voir plus clair. Maintenant, en arrivant au terme de ces lignes, je sais quel chemin je dois emprunter.
Que les dragons rugissent, que les flammes dansent,
Gorok Ankor restera un hymne à la résilience !
En espérant te revoir bientôt mon ami
Ungrim
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