12.1

Tromm Dawi Samoth,

La réalité s'est imposée comme une ombre sinistre sur Gorok Ankor, et mes pires visions sont devenues une cruelle vérité. Les dragons ont envahi notre Ombre, une horde impitoyable qui a dévasté tout sur son passage. La grandeur de nos cités naines semble minuscule face à cette menace aérienne qui plane au-dessus de nous. Je me sens perdu, accablé par la tristesse, la peur, la colère, le doute. Les derniers combats ont laissé leurs marques sur moi, tant physiquement que mentalement. La fatigue pèse sur mes épaules comme une lourde enclume. Ma hache, qui a fendu tant de crânes d'ennemis, est maintenant un fardeau, et mon cœur est lourd de la responsabilité qui pèse sur moi. Je ne me sens pas capable d'affronter seul cette situation, cette nouvelle menace semble insurmontable. Organiser les défenses, sauver mon peuple, tous les peuple de mon Ombre, cela semble au-delà de mes capacités actuelles. Les cités naines, jadis symboles de notre fierté et de notre force, sont maintenant les derniers refuges vulnérables dans cette tempête draconique. Je croise le capitaine de la garde qui me fait un rapport sur la situation et j’apprends que mon fils, Garagrim, s'est précipité pour aider la cité de Zhubar, une décision aussi courageuse que précipitée. J'admire son courage, mais je crains pour sa sécurité. Dans ce tourbillon d'émotions et d'incertitudes, je m'accroche à la promesse de ramener Garagrim en sécurité. Pour le reste, je me sens comme un nain errant dans les tunnels sombres, cherchant une lueur d'espoir dans cette obscurité implacable.

Je dois me ressaisir, le destin de Gorok Ankor repose entre mes mains. Les heures à venir seront cruciales, et j'espère que mes actions sauront guider notre peuple vers la victoire. Mon premier réflexe a été de faire le plein de matériel, conscient que notre survie dépend de la force de nos armes et de la solidité de nos défenses. Dans la salle d'opération, je prends quelques instants pour réfléchir. Les Karak, avec leur histoire forgée dans la pierre, semblent être les seuls endroits encore viables dans cette Ombre devenue hostile. Nagaroth, Ultuan, et peut-être Nan-Gau peuvent également être des refuges, mais ils sont isolés, hors de portée des tunnels d'Ungdrin Ankor. La situation est complexe, et je sens le poids de la responsabilité peser lourdement sur mes épaules.

Les Skavens, ces traîtres potentiels, sont la seule race sur laquelle je ne peux compter. Mon fils Garagrim, plein de témérité, se bat à Zhubar, une cité bien défendue, mais je crains pour sa sécurité. Toi, j'imagine que tu es au front, prenant le commandement des armées de défense. "Tiens bon, frère", je me dis, "le renfort viendra." La forêt d’Athel Loren ne peut être un refuge pour Kimaleth, et c'est dans cette urgence que je prends contact avec Flora. Ma requête, destiné à la reine est simple mais urgente : "Gorok Ankor est attaqué."

Ambre enverra des renforts, mais le temps presse, et j'ai également sollicité l'aide d'Aleksander. À peine avais-je coupé la communication que Solas, apparut, créant immédiatement des défenses magiques pour notre forteresse, Karak Kadrin, qui deviendra notre dernier bastion stratégique.

Une fois la situation résumée a Solas nous avons emprunté les tunnels de l'Ungdrin Ankor afin de rejoindre Karak Norn, la forteresse la plus proche de la forêt d’Athel Loren. L'arrivée, fut à la hauteur de mes craintes. Les tunnels sombres et séculaires, nous avaient guidés vers ce bastion, mais l'état de la forteresse n'était guère rassurant. Les signes de l'assaut incessant se lisaient sur ses murailles ébréchées et ses portes endommagées.

 

À mesure que nous émergions des tunnels, l'atmosphère lourde de tension planait sur Karak Norn. Des bruits de bataille résonnaient encore, et le spectacle des nains s'affairant à réparer les dégâts était à la fois inspirant et déchirant. La fumée des combats passés flottait encore dans l'air, et le sol était jonché de débris. Les défenses étaient clairement mises à mal, mais l'âme Dawi résiliente persistait. Les forges fonctionnaient à plein régime pour réparer armures et armes. Les ingénieurs s'efforçaient de redonner vie aux mécanismes défensifs, et les guerriers, marqués par la fatigue et le combat, se préparaient à une nouvelle vague d'attaques. À la tête de cette lutte désespérée se tenait le seigneur de Karak Norn, dont le visage portait les marques de la résignation et de la détermination. Nos regards se sont croisés, et sans échanger un mot, nous avons compris l'urgence de la situation. Les ombres menaçantes des dragons étaient déjà visibles à l'horizon.

Dans un geste prompt, Solas, le maître des arcanes, lança un sort de barrière, créant une bulle protectrice pour offrir un bref répit aux défenseurs épuisés. C'était une lueur d'espoir dans l'obscurité croissante de la bataille imminente. Victoria et Octave, les enfants d'Aleksander, arrivèrent en renfort, suivis de près par mon père Bleys ainsi que Llewella.

Alors que les renforts arrivaient, Octave prit en charge la stratégie avec une détermination palpable. Il identifia les points clés à protéger : Karak Kadrin, Karaz-a-Karak, Karak aux Huit Pics, l'île d'Ulthuan, Naggaroth et Nan-Gau. Chacun de ces endroits représentait un maillon crucial dans la défense de Gorok Ankor, et Octave élabora des plans pour les sécuriser. Il fut décidé que les points difficiles à défendre devraient être abandonnés, et les survivants seraient rapatriés au sein des places fortes.

Chacun connaissait son rôle. Llewella se concentrerait sur les Lois de l'Ombre pour ralentir le temps et permettre aux renforts d'arriver. Bleys serait envoyé sur Ulthuan pour organiser les défenses elfiques. Victoria, impétueuse, se dirigerait vers Naggaroth pour aider les Elfes noirs. Une fois les sorts de défense lancés, Solas rejoindrait Karaz-a-Karak, et Octave gérerait l'organisation. Cependant, il nous manquait encore du monde pour tenir les autres cités.

Sous le chronoboost de Solas, je me hâte d'appeler des renforts. J'entre en communication avec Ambre, qui envoie Krauser à Karak Kadrin. Shen intervient en sollicitant Zeus, et c'est Icarus qui est dépêché aux Huit Pics. Victoria, quant à elle, utilise son lien avec le Néant via Morpheus pour contacter les entités de ce royaume, résultant en l'envoi d'Adam à Nan-Gau. Les renforts commencent à converger vers les points cruciaux de notre défense.

Après les préparatifs, j'escorte LLewela, Octave et Krauser jusqu'à Karak Kadrin d'où je dépêche des messagers à travers l'Ungdrin Ankor pour annoncer le repli stratégique au sein des places fortes. Dans la forteresse, LLewela trouve refuge dans la salle du trône, à l'abri des perturbations. Octave prend position dans la salle des opérations, où je lui dépêche des hommes pour lui servir de messagers.

Alors que Krauser se dirige hors de la forteresse pour affronter les dragons, une transformation extraordinaire s'opère en lui. Il se métamorphose en un dragon noir imposant, déployant ses ailes majestueuses. S'élevant dans le ciel, il pousse un rugissement puissant en langue draconique. Son cri résonne à travers les montagnes, annonçant sa présence et déclarant sa volonté de défendre Gorok Ankor contre cette menace draconique. Il se rue avec fureur sur un dragon, un ancien. Les battements puissants de ses ailes obsidiennes créent un vent violent, et ses griffes acérées déchirent l'air. Dans une démonstration de force écrasante, il pulvérise l'ancien dragon ennemi sans difficulté apparente. Alors que le cadavre fonçait vers le sol, les flammes noires et destructrices de Krauser engloutissent sa proie, le réduisant à des cendres noircies qui s’envolaire. C'est un spectacle à la fois impressionnant et terrifiant, symbolisant la puissance que nous rassemblons pour sauver Gorok Ankor.

Cependant, la mise en place des défenses a pris trop de temps. Cela fait déjà plus d’une journée que je suis rentré et la fatigue se fait ressentir de plus en plus. Alors que j’allais repartir pour Karak Norn, j’eu une illumination, je pouvais te conjurer directement sur place. Pourquoi je n’y ai pas pensé avant, certainement car je ne t’ai jamais vue comme un démon. Pendant que je trace le portail je n’arrête pas de cogiter : j’espère que mon lien envers toi ne t’aura pas couté la vie. Une fois le portail terminé tu apparait, encore en vie mais très affaibli.

Après t'avoir installée dans l'infirmerie, j'ai repris ma route en direction de Karak Norn. À mon arrivée, une vision sombre de la forêt d'Athel Loren s'est imposée à moi : une forêt calcinée, des dragons survolant encore la zone. Un sentiment d'effroi m'a étreint, les elfes sylvains et le peuple féerique de Kimaleth avaient été exterminés.

Après quelques recherches, je l'ai enfin trouvée, et il était évident que la raison l'avait abandonnée. Son regard reflétait la terreur, les événements ayant laissé une empreinte indélébile sur son esprit. Eperdue, cherchant frénétiquement une issue invisible dans cette forêt jadis luxuriante, désormais réduite en cendres. Ses mouvements étaient erratiques, ses yeux emplis de panique cherchaient un abri qui n'existait plus. Les dragons survolaient la zone, ajoutant à sa terreur déjà palpable. Chaque bruit, chaque ombre, chaque crépitement des flammes faisait naître un nouveau sursaut de frayeur chez elle. C'était comme si la forêt calcinée elle-même était devenue son labyrinthe cauchemardesque. Lorsque j'approche pour la secourir, elle me fuit, comme si le simple contact humain ravivait la terreur en elle. Ses yeux, témoins de l'horreur qu'elle a vécue, me regardent avec une méfiance profonde. Chaque tentative d'approche semble l'éloigner davantage, comme si la présence même d'autrui était devenue une menace. Son esprit, imprégné de l'ombre des dragons et de la dévastation, la pousse à s'éloigner de toute forme de secours, perdue dans une fuite sans fin au cœur de la destruction.

Confronté à sa résistance et désireux de la mettre à l'abri, j'ai rapidement dû trouver une solution. J'ai invoqué un Rat-Ogre pour détourner l'attention des dragons, créant ainsi une diversion. Profitant de ce moment, j'ai coordonné des Sans-Cœur pour la rabattre vers moi, et finalement, réussi à la prendre dans mes bras. Alors que l'agitation régnait toujours autour de nous, j'ai activé la rune de téléportation, nous transportant instantanément hors de cette désolation vers la sécurité relative de Karak Kadrin. A peine arrivés, elle se degagea de mon etreite et se précipita dans les mines, cherchant un refuge au plus profond de la terre. Au moins, elle était désormais en sécurité, loin des horreurs qui avaient dévoré la forêt d'Athel Loren.

La fatigue des combats pesait sur moi comme un fardeau insupportable, mon esprit embrouillé par l'épuisement. Alors que je tentais de récupérer, une nouvelle sinistre m'atteignit : Zufbar était tombée. Un sentiment de désespoir menaçait de s'insinuer en moi, Mon fils ! Garagrim, était toujours en première ligne, et je devais le ramener à la sécurité. Les "Haches de Kadrin", des armes uniques imprégnées de magie runique, étaient mon dernier espoir. Concentrant mes pensées, j'augmentai le rayon d'action de ma conjuration dans l'espoir de ramener Garagrim ainsi que ses hommes. Luttant contre mon propre épuisement, je déployai mes dernières forces dans le portail de conjuration. Lorsque la magie se dissipa et que le portail s'effaça, mon cœur se serra d'une douleur intense.

Le sol de la forteresse était maintenant maculé du sang de mes frères. Les corps des nains gisaient en des positions tordues, un spectacle brutal de la réalité de la guerre. Des armures brisées, des armes abandonnées, et l'odeur âcre de la mort planaient dans l'air. Au centre de ce champ de bataille impitoyable, se dressait Garagrim, mon fils, mais la vie avait quitté son regard. Les émotions me submergèrent, une douleur déchirante s'emparant de mon être. Je m'agenouillai à ses côtés, une tristesse incommensurable gravée dans chaque trait de mon visage. La douleur m'envahissait comme une marée noire, imprégnant chaque fibre de mon être. L'échec de protéger mon fils, la perte de Garadrim, pesait lourdement sur ma conscience. Chaque pensée était teintée de regret et de remords. Des images de moments passés avec lui hantaient mes pensées, amplifiant la douleur de la perte. La culpabilité me tourmentait, me faisant douter de chaque décision que j'avais prise depuis mon arrivé. Mes épaules, habituées au poids des batailles, semblaient maintenant plier sous le fardeau d'une responsabilité personnelle trop lourde. La colère envers moi-même se mêlait à un sentiment de tristesse profonde. J'avais échoué, échoué en tant que frère d’arme, échoué en tant que Roi de Karak Kadrin, échoué en tant que portecteur de Gorok Ankor, échoué tant que prince d’Ambre, échoué en tant que père … Chaque titre que je portais semblait lourd de défaillance, une série d'échecs qui laisserait des cicatrices indélébiles sur mon âme.

J’entendis Alrika crier de douleur derrière moi, le regard empreint de désarroi, contemplait notre fils étendu sur le sol, son visage pâle traduisant l'horreur de la perte. Les ombres de la tristesse et de la désolation dansaient dans ses yeux. Dans cet instant de douleur, il était évident que le poids de la peine s'installerait durablement en elle. Elle ne pourrait jamais me pardonner, et moi non plus. J'avais échoué en tant que mari !

Parmi les cadavres, émergea un survivant, il était dans un sale état. D'une voix rauque, il murmura : "Seigneur Ungrim, nous avons fait de notre mieux, mais ils étaient trop nombreux." Mes yeux se levèrent pour rencontrer les siens, et je vis un mélange de douleur, detristesse mais également de la rage et de la résolution.


Portant les "Haches de Kadrin" et empreint d'une fusion de souffrance et de détermination, je me suis dirigé vers les remparts. Mon objectif était de métamorphoser ma tristesse en une puissante source d'inspiration pour tous. Parvenu au sommet, j'ai enfoncé l'une des haches de Garagrim dans le sol, brandissant l'autre vers le ciel en un défi silencieux, qui s’estompa quand je lança un cri retentissant à l'adresse de mes fidèles Dawi :


"Pour Garagrim, pour chaque frère tombé, pour chaque allié disparu, pour chaque goutte de sang versée sur nos terres, nous ne faiblirons pas ! La mort ne peut éteindre la flamme qui brûle en nous, elle ne peut éclipser l'héritage de notre peuple.

 

Mes frères et sœurs, nous sommes les gardiens de Karak Kadrin, protecteur de Gorok Ankor, les héritiers de l'acier forgé dans les profondeurs de la montagne. Face à l'obscurité, nous allons briller plus fort que jamais. Nous n'oublions pas nos morts, nous portons leur mémoire comme une armure, et chaque pas que nous faisons résonne comme un écho de leur bravoure.

 

Ce n'est pas la fin, mais un nouveau départ. Pour Garagrim, pour nos ancêtres, pour les générations futures, nous brandirons nos armes et avancerons avec une détermination inébranlable. La rancune coule dans nos veines, mais aussi l'héritage indomptable des Dawi. La mort peut nous priver de nos proches, mais elle ne peut jamais étouffer l'esprit indomptable de Karaz Ankor !

 

En avant, mes frères, mes sœurs, en avant pour Gorok Ankor ! Que nos ennemis tremblent devant la fureur des nains, car même dans la douleur, nous sommes indestructibles !"


Les mots résonnaient dans l'air, porteurs d'une énergie nouvelle, une flamme rallumée dans l'obscurité des événements tragiques. Marqués par la douleur mais inspirés par ma résolution, Les forgerons, les mineurs, les guerriers, tous écoutaient. La mort de Garagrim n'était plus une perte personnelle, c'était un catalyseur pour rallumer la flamme de la détermination dans le cœur des nains.

Les tambours de guerre résonnaient en réponse à mes paroles. Les visages résolus, les yeux reflétant la douleur mais aussi la détermination, tous se rassemblaient sur les remparts de Karak Kadrin. Le rugissement collectif des Dawi retentissait dans les tunnels de la montagne, un écho de défi contre les dragons qui assiégeaient Gorok Ankor. Chaque nain sur ces remparts était un pilier de résistance, une colonne qui soutenait le poids de la nation naine. Les forges de Karak Kadrin rugissaient à nouveau, alimentées par la ferveur de la colère.

Ankor, dans sa résistance farouche, allait montrer aux dragons que chaque pierre, chaque tunnel, et chaque nain était une force qui ne pouvait être ignorée. La vengeance était notre cri de ralliement, et dans ce cri, nous trouverions la force de nous élever de nouveau.

J’appelle les maîtres des runes à créer un portail de conjuration au sein du réseau d'Ungdrim Ankor. Que ce passage mystique se manifeste pour accueillir les races survivantes, en particulier les Elfes Sylvains, les Ogres, et les Hommes-Lézards, aisément identifiables par leurs différences génétiques. Que la magie des runes les guide à travers les tunnels, offrant un refuge au cœur de Gorok Ankor, où l'unité deviendra notre bouclier face aux ténèbres menaçantes.

Après avoir donné mes ordres, je me suis retiré dans mes quartiers pour quelques heures de repos. Il était essentiel de retrouver des forces, de rassembler mes pensées et de préparer mon esprit pour les épreuves à venir. Chaque moment de répit était un trésor précieux dans cette tourmente incessante.

Dans l’espoir de te retrouver bientôt à mes coté.

Ungrim

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